L’énergie pour un nouveau développement, durable…

Actu Energie : photovoltaïque

Posted by: ToM on: avril 2, 2008

Voici un article de Libé fort intéressant sur la société Solaire Direct :

Mais alors ça marche l’électricité solaire ? Assez, en tout cas, pour qu’une jeune PME comme Solaire Direct embauche dix personnes par mois et prévoit une progression de son chiffre d’affaires de 1,7 million d’euros en 2007 à 50 millions en 2008 et 190 en 2009… Longtemps cantonné au rang de parent pauvre des énergies renouvelables - «les rendements sont nuls, ça ne fonctionne pas la nuit», entend-on couramment… -, le solaire commence à attirer les investisseurs et le grand public.

Entre un coût de l’énergie qui flambe, une technologie qui s’améliore et les obligations européennes en matière de renouvelables, l’horizon s’éclaircit pour la filière. Et un coup d’œil aux pays voisins, Allemagne en tête, permet de mesurer le retard français. En 2007, en France, le marché du photovoltaïque a grimpé de 200 %. Facile quand on part de pas grand-chose. Et les projets se multiplient. Dernier en date, GDF a lancé la semaine dernière une offre de services sur l’énergie solaire avec proposition de diagnostic gratuit et conseils de mise en œuvre.

Zéro euro au départ. Car la complexité de l’installation (travaux, démarches) et son coût freinent souvent les bonnes volontés. C’est justement la carte de la simplification que joue Solaire Direct, qui se présente comme «le premier opérateur d’électricité photovoltaïque en France» : «En plus de l’installation, nous nous occupons du financement et de l’exploitation, vante son président Thierry Lepercq. L’objectif, c’est que l’électricité solaire soit accessible à tous, que ce qui est un parcours du combattant ne le soit plus et que ce soit une bonne affaire.» Développé en partenariat avec la Caisse d’épargne, le package est en effet alléchant : zéro euro à débourser au départ et un revenu net dès la première année.

Par quel tour de passe-passe ? Pour une installation de 18 000 euros, Solaire Direct négocie le prêt, calqué sur la durée du contrat, en général quinze ans. Au bout d’un an, le crédit d’impôt en rembourse une partie (de 4 000 à 8 000 euros). Ensuite, le système génère en principe 1 800 euros par an (dans le Sud de la France), en revendant l’électricité à EDF. Là-dessus, 700 euros remboursent le prêt et 400 paient les frais de gestion et d’assurance. Restent 700 euros, soit à peu près une facture d’électricité annuelle. «Une sorte de microfinancement», résume Solaire Direct qui se paie sur le prix de l’équipement et sur les frais d’exploitation.

Région moins ensoleillée. Réglementation oblige, le particulier reste client d’un fournisseur d’électricité traditionnel : 100 % de l’électricité produite par vos panneaux solaires est revendue à EDF, à un «tarif de rachat» bien supérieur au prix du marché (55 centimes du kwh). Et vous rachetez ensuite 100 % de votre électricité à un fournisseur (EDF ou un de ses concurrents), au prix normal (11 centimes du kwh en moyenne). D’où la culbute…

Solaire Direct, qui n’a pour l’instant lancé son offre que dans le Sud-Est, concède que la rentabilité du système peut être réduite d’au moins un tiers en Ile-de-France, moins ensoleillée. Et ne veut pas à terme rester dépendant de ces tarifs de rachat réglementés : «Notre objectif, c’est de faire du kilowattheure à prix de marché dans le sud de la France en 2011», avance Thierry Lepercq. La société, dont le capital appartient pour un tiers aux fondateurs et deux tiers à des actionnaires (Caisse des dépôts, Schneider Electric, TechFund), annonce en ce moment 120 dossiers par mois. Vu la jeunesse de l’offre et le temps d’installation, démarches comprises (cinq mois en moyenne pour un dossier), il est encore un peu tôt pour évaluer les résultats sur le terrain. En tout cas, voyant les géants du secteur fondre sur ce marché en devenir, le patron de Solaire Direct espère que son modèle lui assurera sa place au soleil : «Le fait d’avoir de l’avance nous donne une légitimité.»

Et si on montait un système comme celui-là mais sous forme de coopérative ?

2 Responses to "Actu Energie : photovoltaïque"

1 | JPM

octobre 22nd, 2008 at 8:58

Bonjour,
je pense effectivenement que le solaire est rentable, surtout lorsqu’il est subsidié par l’état, et donc, par les français.
Je suis certain qu’entre le coût réel et le coût facturé au particulier, la marge est énorme et qu’il pourrait être très intéressant de créer une sorte de coopérative d’acahta/conseil, voire de pose, puisque les crédit d’impôts ne sont en général valable que si toute l’installation est vendue et posée par un seul et même fournisseur, et avec des produits référencés. Je suis aussi certain que la différence entre prix de vente et prix réel dépasse les 30 à 40 %.
Reste à mettre en place une structure coopérative de vente et pose de matériels dans la norme.
Mais qui, comment, avec quels fonds de départ ?

2 | ToM

octobre 23rd, 2008 at 7:30

Bonjour JPM,
la rentabilité d’une telle opération repose encore sur la subvention accordée par l’Etat par l’intermédiaire des prix de rachat obligatoire de l’opérateur historique (EdF)… qui en tire en passant l’avantage de rentre plus “verte” sont électricité.
Cette subvention est tout à fait normale tant que la source énergétique n’est pas encore mure au plan technologique (et c’est le cas avec le solaire) ; toutes les autres formes de production énergétiques (pétrole, nucléaire en particulier) ont été très fortement aidées par les Etats dans le passé (et encore aujourd’hui), sans quoi elles ne se seraient jamais développées.
Tout cela pour dire que les rendements (énergétiques et financiers) ne sont pas encore extraordinaires, seulement suffisants pour permettre le développement d’une filière… il faut un début à tout.

Comment trouver les fonds ? M’est avis que la mobilisation des fonds devrait revenir à la puissance publique, éventuellement en faisant appel partiellement à des capitaux privés (entreprises ou particuliers), par exemple sous forme d’une coopérative.
Il ne faut pas chercher à faire du bénéfice, seulement du placement de long terme dans un soucis de bien commun… Si une entreprise privée peut le faire et être rentable, une coopérative peut également (à condition d’être bien gérée bien sûr).

Il suffit d’avoir la volonté politique… et j’ai bien peur que ce soit cela qui manque…

A bientôt !

Comment Form

Qui suis-je ?

Thomas Matagne, citoyen originaire de la ville de Saintes, actuellement à Paris pour mes études.

Etudiant à SciencesPo Paris et à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) en master Sciences et Politiques de l'Environnement. Titulaire d'une licence de physique et du premier cycle de SciencesPo.

Membre co-fondateurs de deux association à vocation socio-économique (P.A.V.é.S) et environnementale (ecocampus).

Pour une politique énergétique locale durable

Les questions environnementales se sont démocratisées, ces quelques dernières années. Nous pouvons donc passer au développement durable, c'est à dire chercher à concilier à part égale économie, social et environnement, sans oublier la culture

L'objectif local : après l'organisation d'une conférence avec Pierre Radanne et l'écriture d'un rapport proposant une analyse globale et de nombreuses mesures concrètes (voir archives Saintes 2008), il s'agit de suivre l'action réelle de nos élus sur les questions du développement durable.

L'objectif global : mettre en lumière l'actualité du développement durable (rapports, décisions, négociations internationales...), en particulier par l'entrée des questions énergétiques. Faire des propositions, discuter le sujet.